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L’Art fait le MurUN MUSÉE HORS LES MURS

Le musée  /  Grèce antique

Buste de Polyphème

– T’en fais une tête ! –

  • II e siècle av. J.-C.

Buste de Polyphème

Sculpteur inconnu

V. -150

Marbre, dolomitique de l'île grecque de Thasos

H : 38.3 cm

Museum of Fine Arts, Boston (Etats-Unis)

Ligama

Artiste italien

« Au pays des cyclopes »

10 octobre 2022

Via Lungomare Dei Ciclopi, Aci Castello (Italie)

Polyphème, ce cyclope tristement célèbre de l’Odyssée, n’est pas seulement un casseur de navires… Il a aussi, quelque part au Museum of Fine Arts de Boston, un buste sculpté vers 150 av. J.-C. La pièce, n’a rien d’un simple portrait de brute : le visage n’est pas seulement terrifiant, il est aussi habité d’une forme de contemplation. Certains chercheurs pensent même qu’il exprime la mélancolie d’un Polyphème amoureux de la nymphe Galatée — un cyclope qui rêve d’amour, ça change du bestiaire ! L’œuvre fait partie de celles qui renouvellent la représentation du monstre antique, moins caricaturé que chez les terracottas plus anciennes, et elle est considérée comme très bien conservée pour son âge.

En octobre 2022, un visage cyclopéen surgit en format XXL sur la façade bleue d’un bâtiment à Aci Castello, Sicile, grâce au pinceau de Ligama, artiste italien né en 1986 à Caltagirone. Ligama, qui a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Catania, est connu pour ses fresques géantes célébrant la mémoire, l’identité et la mythologie méditerranéenne. Son mural “Au pays des cyclopes” (Nella terra dei ciclopi) reprend les codes visuels antiques : le front massif, la chevelure sculpturale et la présence de l’œil unique (remarquez, placé subtilement par rapport à la fenêtre du bâtiment, clin d’œil architectural !) Ce cyclope moderne fusionne l’héritage classique et le street art, et s’inscrit dans le paysage sicilien où la légende de Polyphème hante encore les rivages et inspire les artistes locaux.

Ligama revisite ici le monstre antique, en jouant sur la monumentalité, la stylisation et le dialogue avec l’environnement urbain. Résultat : un pont visuel et narratif entre l’Antiquité méditerranéenne, les mythes qui collent aux murs et une modernité qui ose voir grand… même avec un seul œil.