Les portraits du Fayoum
Jás Elsner (2007). « The Changing Nature of Roman Art and the Art Historical Problem of Style », dans Eva R. Hoffman (ed), Late Antique and Medieval Art of the Medieval World, 11-18. Oxford, Malden & Carlton : Blackwell Publishing. ISBN 978-1-4051-2071-5, p. 17, figure 1.3 à la page 18.
Taille : 6 cm de diamètre [1].
Date : 3e siècle



Portrait du Fayoum
Artiste inconnu
Portrait de momie de Fayoum, romano-égyptien
Début 2e siècle ap. J.-C.
Musée des beaux-arts Pouchkine (Moscou)


Carlos Atoche
Artiste péruvien
Août 2021
Pompéi (Italie)
Les portraits du Fayoum sont un ensemble de peintures funéraires datant de l'Égypte romaine, réalisées entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. Ces portraits étaient peints sur des panneaux de bois insérés dans les bandelettes des momies, au niveau du visage, représentant le défunt en buste, le visage de face. Ils sont caractéristiques par leur réalisme et leur naturalisme, témoignant d'un métissage culturel entre les traditions égyptienne, grecque et romaine.
Ces portraits représentent des membres des classes supérieures ou moyennes de la société égyptienne, de culture grecque ou romaine, vêtus et coiffés à la mode romaine. Leur technique principale est la peinture à l'encaustique (à base de cire d'abeille), qui permet des effets de modelé précis, avec des détails riches tels que les cils, sourcils, cheveux et bijoux, parfois soulignés par de la dorure appliquée à la feuille d'or.

Sur un plan artistique, la palette est restreinte avec quatre couleurs principales (blanc, noir, jaune, rouge), complétée par des teintes additionnelles comme le bleu égyptien et le vert. Certains pigments pouvaient imiter des pierres précieuses des bijoux ornant les sujets. Le style allie un réalisme proche de celui de la tradition grecque, notamment l'école d'Alexandrie, à la poursuite des rites funéraires égyptiens ancestraux.
Découverts principalement dans la région du Fayoum, ces portraits ont été mis au jour au XIXe siècle, notamment par les fouilles de Flinders Petrie à Hawara. Ils sont désormais considérés comme les plus anciens portraits peints d'Europe et d’Afrique.