La rencontre à la porte dorée
- 1266

dit Giotto
Giotto di Bondone
Peintre italien
(1266/1267 – 1337)
Pré-renaissance
Ecole florentine

Giotto di Bondone
dit Giotto
Peintre italien
(1266/1267 – 1337)
« La rencontre à la porte dorée »
1303-1306
Fresque
200 x 185 cm
Padoue, Eglise de l’Arena (Italie)


& Estibaliz Vera
Patricia López Landabaso
Artistes espagnoles
« Couvert de ciel et d’étoiles »
2009
Vitoria-Gasteiz (Espagne)
Le thème iconographique des retrouvailles du couple à la Porte dorée de Jérusalem, c'est un peu comme le scénario d'un film romantique, mais avec un twist théologique ! Imaginez : saint Joachim et sainte Anne, après des années de séparation (on dirait presque un soap opera), se retrouvent à cette fameuse porte. Et là, pas question de se faire la bise sur la joue comme dans un mariage classique ; non, ils échangent un baiser qui a plus de poids qu'une thèse de doctorat sur l'Immaculée Conception !
Traditionnellement, ce moment est censé symboliser la conception de la Vierge Marie, une conception sans péché originel, ce qui est déjà un bon point pour Joachim et Anne. C’est comme s’ils avaient trouvé le cheat code du mariage : "Pas de péché, juste de l'amour !" Les artistes ont représenté ces retrouvailles de mille et une manières : un geste tendre, une accolade passionnée, ou le fameux baiser qui pourrait rivaliser avec les scènes les plus romantiques du cinéma.
Dans l'art occidental jusqu'au XVIe siècle, on voit souvent cette scène. Mais attention ! Après le concile de Trente, les règles se sont durcies. Exit les épisodes apocryphes qui faisaient tant jaser ! Du coup, la représentation du couple a évolué vers des images plus directes de la Vierge Marie elle-même. C'est un peu comme si on avait remplacé le film d'amour par une série documentaire sur la vie de Marie.
Patricia López Landabaso et Estibaliz Vera qui ont revisité le tableau de Giotto ne se sont pas embarrassées des convenances et des codes en usage chez les grands maîtres du Moyen Age et de la Renaissance. Ils ont affublés les deux protagonistes de vêtements chamarrés comme sur une plage (effet plage renforcé par les lunettes de soleil de Saint-Anne, digne d’une star qui se la joue). Et que dire de cette étreinte qui n’est pas sans rappeler le « Baiser » de Klimt. Et ils sont seuls au monde !