Mosaïques de Justinien et Théodora
- Vie siecle



Mosaïques de Justinien et Théodora
Artistes inconnus
Basilique Saint-Vital
VIe siècle
Ravenne (Italie)
Justinien et ses dignitaires
Théodora et sa cour




Invader
Artiste français
Justinien et Theodora
2015
Ravenne (Italie)
Attention les yeux : à Ravenne, les murs parlent byzantin ! Accrochées aux parois dorées de la basilique Saint-Vital, les légendaires mosaïques de Justinien et Théodora rayonnent depuis le VIe siècle. Imaginez : une fresque de petits cubes de verre coloré et de pierres précieuses, savamment collés par des mains anonymes mais redoutablement méticuleuses. Justinien, l’empereur, trône parmi ses dignitaires, une coupe à la main, auréolé — littéralement — de gloire impériale. Pas loin, l’impératrice Théodora, elle, fait la star entourée de sa cour, parée de bijoux coiffée comme une œuvre d’art majuscule. L’image n’est pas qu’un portrait : c’est une déclaration politique incrustée dans le mur, où chaque perle brille autant pour flatter le pouvoir que le divin. Et le style byzantin, dans tout ça ? Un savant mélange de frontalité hiératique, de couleurs éclatantes et d’une touche d’irréalité sacrée : ici, la perspective, c’est pour les autres. Ce qui compte, c’est d’en mettre plein la vue à Dieu et à la postérité – pari plus que réussi puisqu’on en parle encore 1500 ans plus tard !
Côté rue, le tuto remix façon XXIe siècle s’appelle Invader. Cet artiste français, maître du carrelage pop et du « pixel-art », a posé ses valises (et ses mosaïques) sur les murs de Ravenne en 2015. Clin d’œil appuyé : il reprend Justinien et Théodora non pas pour leur chaparder leur trône, mais pour les propulser dans la culture geek. Résultat : des visages cubiques et colorés, tout droit échappés d’un jeu vidéo vintage, qui siégent fièrement sur des façades modernes. Invader ne copie pas, il revitalise ! Son intention ? Dédouaner l’art de ses codes figés, rendre hommage avec sourire à l’histoire, et injecter chaque angle de rue d’une bonne dose d’irrévérence. On regarde, on sourit, on reconnaît notre héritage et, l’air de rien, on se laisse envahir.
Invader, c’est un pseudonyme bien choisi. Né en 1969, cet artiste urbain français a « envahi » des centaines de villes dans le monde avec ses mosaïques pixelisées et placées comme des surprises à dénicher. Derrière son masque en céramique se cache un passionné d’art classique — la preuve, il dialogue entre les siècles, tesselle après tesselle !