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L’Art fait le MurUN MUSÉE HORS LES MURS

Le musée  /  Grèce antique

Cariatides

– Des dames qui ne restent pas de marbre –

  • - 421

Alcamène

Sculpteur athénien

(Ve siècle av. J.-C.)

« Cariatides »

421 et 405 av. J.-C.

Statues architecturales féminines de soutien (colonnes vivantes)

Marbre du mont Pentélique

Porche sud de l'Érechthéion,

Acropole d'Athènes (Grèce).

INO

Artiste grec

« Caryatids Crying »

2024

Athènes (Grèce)

Ino assiste au complot des Cariatides (fin du Ve siècle av. J.-C.)

Ca se passe en Grèce, à Athènes.

Cinq cariatides, debout depuis des siècles, supportant le poids de l'Érechthéion sur leurs têtes, commencent à en avoir sérieusement ras-le-bol pendant que la sixième koré se prélasse tranquille au British Museum depuis que Lord Elgin l'a "empruntée" en 1802.

"Eh les filles," chuchote l'une d'elles, "vous ne trouvez pas que notre frangine se la coule un peu trop douce là-bas à Londres ? »

"Tu m'étonnes," répond une autre en grimaçant sous le poids du temple. "Pendant qu'on se coltine tout le boulot, elle pose pour les selfies des touristes agglutinés. »

Après des siècles de silence, nos cinq héroïnes de pierre décident qu'il est temps d'agir. Elles élaborent un plan aussi farfelu qu'audacieux que l’on gardera secret.

Bien sûr, elles devront d'abord convaincre leurs remplaçantes en plâtre de tenir le coup pendant leur absence. Mais après tout, quand on a supporté le poids de l'histoire pendant des millénaires, un petit voyage pour se détendre enfin les jambes, c’est pas de refus.

Mais sous cette version un peu folklorique il y a une version qui correspond plus au souhait d’Ino, street artist athénien, que nous découvrons ci-après.

Sur la rue Ermou, à Monastiraki,

Trois Caryatides d'iNO s'élèvent,

Leurs larmes silencieuses coulent sans répit.

La première, exilée, vers l'Acropole rêve,

Du British Museum, elle languit son retour,

Sa patrie lui manque, son absence la grève.

La seconde, au centre, contemple les alentours,

D'Athènes à la Grèce, son regard s'étend,

Témoin de l'histoire, des joies et des détours.

La dernière, à droite, observe attentivement,

Le Parlement grec, siège du pouvoir,

Elle questionne, doute, juge sévèrement.

Trois sœurs de pierre, figées dans leur devoir,

Pleurent pour leur pays, son passé, son présent,

Sur un mur d'Athènes, elles nous font savoir

Que l'art peut parler, même en se taisant.

Ino pousse un coup de gueule

(Il aurait pu s’exprimer ainsi)

Achilles

– Les dessous d’une cariatide –

Artiste grec

Date et lieu inconnu

« Cariatide »

Fin du Ve siècle av. J.-C.

Temple de l’Erekthéion

Athènes (Grèce)

Les Cariatides d’Achilles : quand Athènes rencontre le street art

Il était une fois, sur l’Acropole d’Athènes, six élégantes jeunes femmes figées dans le marbre, portant stoïquement le poids d’un temple sur leurs têtes : les Cariatides de l’Érechtéion. Sculptées vers 420 avant J.-C., elles symbolisaient la grâce, la force et la beauté — bref, l’idéal grec dans toute sa splendeur.

Mais après vingt-cinq siècles passés à soutenir des architraves, certaines ont peut-être commencé à trouver le temps un peu long. Et voilà qu’un certain Achilles, armé non pas d’un ciseau, mais d’une bombe de peinture, décide de leur offrir une retraite urbaine sur un mur couvert de graffitis.

Dans sa version, la cariatide a troqué son teint de marbre pour un visage à moitié crânien, mi-déesse, mi-squelette : un clin d’œil malicieux à la fragilité du temps. On dirait presque que la noble Athénienne, lassée d’être figée dans la perfection classique, s’est dit :

« Puisque tout finit en poussière, autant que ce soit avec du style ! »

Ce mélange d’art antique et d’imagerie macabre rappelle la dualité chère aux Grecs eux-mêmes : entre beauté et mortalité, entre Apollon et Hadès. Là où l’Érechtéion célébrait la gloire des dieux, le mur d’Achilles célèbre la gloire éphémère du geste humain — celui du street artist anonyme, qui défie les siècles à sa manière.Et quelque part, entre un tag coloré et une bombe de peinture vide, on imagine les cinq autres cariatides murmurant :

« Enfin, une sœur qui s’est libérée du temple ! »