Le Discobole et ses métamorphoses
– Discobole ou le sportif éternel –
- 460-450 avant J.-C.

Myron
Sculpteur grec
(Ve siècle av. J.-C.)
« Discobole »
Sculpture
Marbre
Copie romaine d’une statue grecque en bronze disparue (v. 120 ap. J.-C).)
156 × 66 × 37 cm
Musée national romain, Rome (Italie)

DiegoAS
(Diego Vallejo Garcia )
Artiste espagnol
« Force et sensibilité »
2024
13 x 7 m
Fuenlabrada, Madrid (Espagne)
M Fulcro
Artiste italien
« Discobolus »
2021
Stencil
Rome (Italie)
TocToc
Artiste français
Le Discobole Duduss
Septembre 2021
Milos (Grèce)
Le Discobole de Myron ne se contente pas de lancer un disque : il semble négocier avec lui. Le corps entier s’enroule, calcule, anticipe, mais le véritable centre de gravité reste ce cercle silencieux, posé dans la main comme une petite lune privée. Le disque tient pile à l’endroit où le geste est encore réversible : il pourrait partir à toute vitesse… ou simplement rester là, en suspens, à faire réfléchir les spectateurs depuis plus de deux millénaires.
Les historiens débattent encore de la direction exacte du regard de l’athlète, car les copies antiques ne sont pas toutes d’accord : faut-il contempler le disque ou viser déjà le lointain ? Ce détail minuscule a suffi à alimenter des pages de commentaires savants, comme si le trajet imaginaire du disque dépendait de ce léger pivot de la tête. Pendant que les spécialistes tranchent, la sculpture, elle, continue de tenir son secret : le disque restera éternellement au bord du départ.
Avec Toctoc, le disque finit par atterrir, mais ailleurs : sur un mur de Milos, en 2021, sous la forme d’un Duduss qui rejoue la pose antique avec trois lignes, un œil rond et un humour feutré. Le dessin reste volontairement fragile, presque improvisé, mais le cercle, lui, devient un vrai objet fixé au mur, comme si le projectile de Myron avait traversé les siècles pour se poser là, dans la lumière crue d’une ruelle grecque.


Auteur inconnu, 2023,
Montréal (Canada)
Kez

Falco 2024,
Paris (France)

Discobole de Lancellotti
2e siècle ap. J.-C.
Découvert en 1781 à Rome, sur l'Esquilin à la Villa Palombara
Musée National Romain de Rome (Italie)

Discobole de Townley
2e siècle ap. J.-C.
Découvert en 1791 à Rome, à la Villa Hadrian
British Museum (Royaume-Uni)

Pichi & Avo, 2024,
Paris (France)

César Malfi, 2024,
Paris (France)
Le Discobole en marbre, c’est la superstar de la gym antique : figé dans une torsion improbable, prêt à lancer son disque comme s’il défiait le temps avec un style tout en souplesse. Cette copie romaine, sculptée avec une précision redoutable, conserve la posture spectaculaire imaginée pour impressionner aussi bien les potes que les voisins : la jambe tendue, le buste vrillé et le bras en suspension,
La prouesse ? Les artistes romains n’ont pas simplement recopié : ils ont affiné chaque muscle, accentué l’attitude, en ont fait une sorte de publicité pour la vie saine, le tout avec un visage si calme qu’on se demande s’il ne rêve pas d’olives ou d’un bon apéro ! L’œuvre ne se contente pas de montrer la force, elle la transforme en modèle, voire en mascotte philosophie. Résultat : le Discobole, même sans disque dans les mains, reste le roi du mouvement arrêté, ce champion de l’équilibre obstiné que tout le monde connaît.
Aujourd’hui, l’artiste DiegoAS s’amuse à remixer ce symbole dans sa fresque « Force et sensibilité » : le Discobole, sculpté dans les codes classiques, lance désormais un bouquet de fleurs XXL. L’ironie subtile croise la force du corps avec une délicatesse inattendue, une image aussi poétique que puissante.
Et ailleurs, encore: Paris, Montréal, Madrid… Le Discobole inspire toujours. Graffitis et fresques signés Falco, Pichi & Avo, César Malfi et d’autres transforment l’ancien lanceur en icône urbaine, reproduisant le mouvement et le dynamisme sur des murs ou des palissades, bien loin des musées.

Les Murs ont des oreilles
– Ces messieurs montrent leurs muscles et… –
Artiste française
« Les prudes hommes »
Septembre 2020
Rue des Ecrivains, Strasbourg (France)






De la gauche vers la droite sur l’oeuvre « Les prudes hommes
1
2
3
Ange assis sur une boule : création commerciale de la Maison "Ange Paradis
« Marcellus » vu de côté, puis de face, Cléomène d’Athènes (-20), Louvre, Paris (1)
« Ephebe des Fins d’Annecy », d’ap. Polyclète (-30), Petit Palais , Paris (2)
« David », Michel Ange (1501-1504), Galerie de l'Académie de Florence (3)
Création artisanale en cuivre
« Apollon du type de Cassel », Phidias ? (125-150) Louvre, Paris (4)
« Hercule Farnèse », Glycon d’Athènes (IIIe s), Musée Archéologique de Naples (5)
« Discobole », Myron (-460/450) Musée Palais Massimo alle Terme à Rome (6)
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Un beau matin de printemps 2025, les statues des plus grands musées d'Europe se réveillèrent avec une étrange préoccupation. Marcellus, l'Éphèbe, David, Apollon, Hercule et le Discobole se mirent à chuchoter entre eux, leurs voix de marbre résonnant doucement dans les salles encore vides.
"Mes amis," commença Marcellus, "j'ai entendu dire que nous sommes devenus trop osés pour le monde moderne. Il paraît que nos formes divines choquent les visiteurs."
L'Éphèbe, perplexe, répliqua : "Mais nous sommes ainsi depuis des siècles ! Que veulent-ils que nous fassions ?"
David toujours pragmatique, suggéra : "Peut-être devrions-nous nous couvrir, juste pour voir leur réaction ?"
Apollon, d'un air moqueur, s'exclama : "Et avec quoi ? Des feuilles de vigne en marbre ?"
Hercule, flexant ses muscles de pierre, proposa : "Pourquoi pas nos mains ? Ça ajouterait un peu de mystère, non ?"
Le Discobole, figé dans son mouvement athlétique, gémit : "Facile à dire pour vous !
Ainsi, quand les premiers visiteurs arrivèrent ce jour-là, ils furent stupéfaits de voir ces chefs-d'œuvre antiques dans des poses étrangement pudiques.
Les conservateurs, affolés, tentèrent de les convaincre de reprendre leurs poses originales. "Mais enfin," argumentèrent-ils, "vous êtes l'incarnation de la beauté classique !"
"Désolé," répondit David avec un clin d'œil de marbre, "nous sommes juste en phase avec notre époque. Appelez ça notre... période pudique."
Et c'est ainsi que les plus grandes statues de l'histoire de l'art décidèrent de jouer les prudes hommes, laissant les visiteurs médusés perplexes devant ce soudain accès de pudeur millénaire.