Le Galate mourant
– La mort d’un Gaulois et toute l’ « élégance » d’un président –
- Iiii siècle av. j.-c.

Épigonos de Pergame
Sculpteur et bronzier grec
(IIIe siècle av. J.-C)
« Le Galate mourant » (« Gladiateur mourant « ou « Galate capitolin »)
Copie romaine en marbre d'un original grec (réalisé entre -230 - et 220)


et Fabrizio Saracino
M Fulcro
Artistes italiens
« Ça m'en touche une sans faire bouger l’autre »
Emmanuel Macron
Série : « Gravé dans le marbre »
Juillet 2022
Paris (France)
Le « Galate mourant » c’est ceguerrier gaulois, mortellement blessé, figé dans ses derniers instants : torse nu, torque celtique autour du cou, chevelure ébouriffée et moustache à la Astérix mais tragique, il s’affaisse sur son bouclier, l’épée à côté, soufflant tout ce qu’il lui reste de vie. Ce chef-d’œuvre est la copie romaine en marbre d’un original grec en bronze, attribué à Épigonos, artiste de Pergame. L’œuvre date de la fin du IIIe siècle av. J.-C., à l’époque où le roi Attale Ier voulait prouver que battre les Galates, c’était du sérieux, du grand spectacle : la sculpture était exposée dans un complexe monumental dédié à Athéna pour célébrer la victoire de Pergame.
L’intention est claire : le pathos domine, on célèbre la tragédie humaine autant que l’exploit militaire. Au lieu de rabaisser l’ennemi, on lui offre un hommage poignant, empreint d’une noble compassion : le Galate meurt, mais il meurt brave, digne, sous l’œil admiratif de ses vainqueurs. Le réalisme du corps et la souffrance sur le visage frappent les visiteurs depuis deux millénaires — on est loin de la caricature ou de l’apothéose sans nuance. L’œuvre incarne la fragilité de la vie autant que la grandeur du combattant, histoire d’émouvoir les foules et de marquer les mémoires. Ce Galate est devenu une star mondiale de l’Antiquité, inspirant plusieurs générations d’artistes, de Velázquez à David, qui ont tous tenté d’en copier le souffle dramatique..
Avançons dans le temps, direction Paris : M Fulcro et Fabrizio Saracino s’emparent littéralement du héros antique et le catapultent sur un mur leur « Galate » moderne lesté d’un sac Uber Eats accompagné d’une citation, « Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ». Cette phrase, popularisée par Emmanuel Macron le 15 septembre 2018, quand éclate polémique des « Uber files » éclate avec la découverte que celui-ci, ministre, a filé un sérieux coup de pouce à Uber pour s’installer en France, en douce et au grand dam des taxis. Face à ce remue-ménage, Macron sort cette punchline mythique pour montrer qu’il n’est pas affecté par la tempête politique.

Davide Diavù Vecchiato
Artiste italien
« Galata morente »
2017
Rome (talie)
Texte du rappeur Grandi Numeri du groupe Cor Veleno :
« Le jour où il n'y a plus de rêve/
s'il vous plaît ne me réveillez pas
La ligne de vie faite d'obstacles
C'est la Paix sur la peau entre les guerres des fanatiques
l'abîme que j'assouvis avec le vice des miracles. »