Naissance d’Erichthonios
- 100 –150

Naissance d’Erichthonios
Sculpteur inconnu
Entre 100 et 150
Bas-relief
Marbre
64.5 x 108 x 10.5 cm
Musée du Louvre, Paris (France)




CP WON
(Claudio Picasso)
Artiste américain
« In Darkness a Light »
2020
Little Haiti, Miami (Etats-Unis)
2020
New York (Etats-Unis)
2021
Austin (Etats-Unis)
« Spring Forward »
2023
Chinatown, New York
Etats-Unis)
Le bas-relief romain est l’art de sculpter un récit… en 2D et demi ! Les sculpteurs taillent directement le marbre ou la pierre afin de faire émerger du fond des figures qui ne dépassent vraiment que de quelques centimètres, un peu comme quand quelqu’un ne veut pas trop sortir de sa coquille mais doit se montrer quand même, scène mythologique ou parade militaire oblige. Ce procédé est utilisé pour décorer temples, sarcophages ou murs de prestige, et permet de dérouler tout un film d’époque sur la façade d’un édifice… mais sans le son et sans popcorn. Le bas-relief romain, c’est de la finesse, du burin et beaucoup d’illusion optique : « tout l’art du bas-relief consiste à faire paraître en bosse ce qui n’a point de relief », résumait élégamment le Bernin. Les personnages y sont taillés avec soin et hiérarchie : plus tu es important, plus tu es grand et central. Les corps y sont souvent idéalisés ou modelés selon l’éthique romaine, austère ou héroïque, avec une pointe d’expressivité pour faire bonne figure devant Mars ou Jupiter. Mais attention, dans le bas-relief, l’humain est plat mais jamais fade : sa posture, sa toge et son profil gravé racontent toute une histoire… sauf la suite, véridique, qui manque souvent à l’appel.
Claudio Picasso — plus connu sous le nom de CP WON — revisite la figure humaine dans l’espace urbain contemporain, cette fois sur des murs en friche ou des façades de magasin, bien loin des temples antiques (mais tout aussi sacrés pour les fans d’art urbain). Sa spécialité ? Le portrait géant, monochrome ou hyperréaliste, où chaque ombre et chaque trait sont magnifiés à l’aérosol. Contrairement aux bas-reliefs romains, chez CP WON la profondeur psychologique supplante la hiérarchie sociale, et la star du mural c’est l’émotion… pas le rang du personnage.
Mais alors, le lien entre les bas-reliefs romains et les fresques murales de CP WON ? saute aux yeux, car le marbre antique et le crépi urbain ont la même ambition : tromper l’œil – et parfois l’esprit ! L’illusion du relief, voilà leur terrain de jeu commun, où l’ombre et la lumière deviennent autant d’experts en illusionniste qu’un magicien romain ayant raté sa reconversion.