La Vénus de Milo dans tous ses états
- I er siècle av. J.-C

Alexandros d'Antioche
Sculpteur grec
(Ier siècle av. J.-C)
« Vénus de Milo »
Marbre
Vers 150-130 av. J.-C.
Époque hellénistique
Hauteur : 202 cm
Musée du Louvre, Paris (France)


Goin
Artiste français
« Vénus de Milo bâillonnée ou Athena v/s Europa »
Athènes (Grèce)
2013
Ah, la Vénus de Milo et ses bras manquants, quel feuilleton archéologique ! Imaginez une salle remplie d'experts en toges, se disputant comme des enfants dans un bac à sable :
"Elle tient une pomme, je vous dis !" s'écrie Furtwängler en 1893, agitant frénétiquement un dessin. "Regardez, elle la brandit fièrement, comme pour narguer ses rivales !"
"Balivernes !" rétorque Quatremère de Quincy en 1821. "C'est évident qu'elle enlace Mars. Une déesse a besoin d'un homme fort à ses côtés !"
Ravaisson, en 1892, surenchérit : "Oui, mais elle lui caresse tendrement l'épaule. C'est plus romantique, voyons !"
Soudain, Millingen bondit de sa chaise en 1826 : "Vous n'y êtes pas du tout ! Elle se regarde dans un bouclier, comme toute déesse qui se respecte !"
Marianne Hamiaux, en 2017, tente de calmer le jeu : "D'accord, d'accord, mais elle le tient à deux mains, ce bouclier. Et elle sort du bain, toute pimpante !"
Pendant que nos érudits s'arrachent les cheveux, le street artist Goin décide de mettre son grain de sel. En 2015, il peint une Vénus bâillonnée, couronnée d'épines, symbolisant la Grèce saignée par l'Union Européenne. Un pied de nez cinglant à la une controversée du magazine allemand Focus en 2010, qui montrait la statue faisant un doigt d'honneur. Un doigt ? Avec quelle main ?
Finalement, peut-être que la Vénus préfère garder ses secrets... et ses bras là où ils sont !


Jef Aérosol
– Pas de bras, pas de chocolat –
Artiste français
« Pas de bras »
2018
Paris (France)

Philippe Hérard
Artiste français
« La culture aux encombrants »
Mars 2021
Paris (France)
Il n’est pas si loin ce temps où nous étions confinés et où tout était fermé.


Wawapod
Warren Podguszer
Artiste français
« Vénus de Stromae »
2021
Belleville , Paris (France)
Laissons le street artist s’exprimer :
« J’avais eu envie d'intégrer le visage de Stromae dans ce corps de femme nu, la vénus de Milo. En réponse à sa magnifique chanson "Tous les mêmes" où il joue avec le genre sexuel, balance de bons clichés et est lui même maquillé et habillé de façon féminine. »


Zoom
– Dans l’air du temps –
Artiste russe
« Venus de Mosca »
2017
Big Palashevsky, Moscou (Russie)
Cooljc Art
Artiste belge


Même les petits prix peuvent coûter un bras… voire deux
« La Vénus de Barbès »
Probablement en 2026
Paris-Ivry, Paris (France)

Ozi
Artiste brésilien
2014
Bom Retiro, São Paulo (Brésil)
Deux pour le prix d’une, mais toujours pas de bras !

Ino
Artiste grec
« Venus defaced »
2016
Nicosie (Chypre)
À Nicosie, INO a donné un coup de jeune à la Vénus de Milo. Perchée sur une façade d’immeuble façon diva urbaine, la star antique s’offre un grand portrait en gris sculptural, le marbre du Louvre troqué contre du béton chypriote et quelques flacons de spray ultra contemporains.
La technique est aussi élégante que spectaculaire : INO joue des dégradés comme un sculpteur du XXIe siècle, décline le drapé en larges aplats graphiques et, surtout, signe sa fresque avec un splash bleu vif qui frappe le visage — la marque de fabrique du street artist grec depuis 2016 pour dynamiter les codes et réveiller les beautés trop parfaites. Un bleu comme un coup de pinceau pop, qui crie sur les murs : « Personne n’est intouchable, pas même la déesse ! »
L’œuvre est née d’une grande initiative artistique urbaine, l’« Eik-astiki Paremvasi », prouvant que l’art dans la rue se rit des conventions et peut transformer les mythes en questionnements contemporains. Résultat ? La Vénus de Milo fait la belle, fier drapé au vent, défigurée certes, mais terriblement moderne. Plus qu'une statue figée, voici une icône de ville, qui pose pour les passants, les smartphones, et les éternels curieux — avec juste ce qu’il faut d’esprit contestataire pour faire sourire les amateurs d’art… et ceux qui n’aiment pas trop se faire sermonner par les classiques.
Tiens, il semblerait même que la belle Vénus ait retrouvé un bout de bras !

Victoria Veisbrut
Artiste russe
« La fenêtre d’Overton »
Août 2020
Chelyabinsk, (Russie)
La pauvre Vénus de Milo manchote pensait avoir tout vu. Planquée au Louvre, elle gérait tranquillement son handicap depuis deux siècles, admirée par des touristes en short.
Et puis, l'artiste Victoria Veisbrut débarque en août 2020.
Résultat : voilà notre revoilà parachutée sur la façade d'un HLM de 20 étages à Tcheliabinsk, en plein cœur de la Russie industrielle. Fini le marbre blanc et l'ambiance feutrée. La Vénus a subi le pire relooking de l'histoire de l'art. Son torse ressemble désormais à un vomi de fil d'actualité Insta : des smileys, des fleurs de dessin animé, des couleurs fluo et des petits chats.
L’artiste a poussé le vice, car c’est bien de cela dont il s’agit, jusqu’à nommer l'œuvre « La Fenêtre d’Overton ». En sociologie, c'est le terme technique pour expliquer comment on force les gens à accepter une idée totalement dingue en y allant pas à pas. Vu la tête des babouchkas du quartier en découvrant ce monument cyber-pop de 60 mètres de haut devant leur balcon, la fenêtre a été ouverte à coups de marteau.
Mais cette fresque résout surtout le plus grand mystère de l'archéologie : où sont passés ses foutus bras ? Regardez le bas du mur. Trois espèces de petits monstres multicolores squattent le piédestal. L'un d'eux grimpe à une échelle avec un air suspect. On a enfin les coupables. Ce sont ces avatars d'internet qui ont naturellement piqué ses membres, probablement pour libérer de la place et lui peindre un énorme soleil orange sur la poitrine.
13 bis
Artiste français
Rue Mazarine, Paris (France)


Luca Maleonte
Artiste italien
« Vénus de Milo »
Rome (Italie)
Dans la salle d'attente d'un cabinet médical du docteur Esculape, deux femmes patientent, chacune d'une allure singulière. La première, droite comme un i, semble très coincée, affichant une posture rigide et une expression de douleur. Elle se plaint de douleurs au niveau des os. À côté d'elle, la seconde femme paraît complètement désorientée, gesticulant avec agitation et se plaignant de maux du côté du foie.
Le docteur Esculape entre dans la salle, une liste de patients à la main. Il s'apprête à appeler "Madame Vénus" lorsque son regard se pose sur les deux femmes. À cet instant, il réalise avec stupéfaction que la première n'a effectivement pas de bras, tandis que la seconde semble avoir perdu la tête. Les deux patientes ne sont pas ce qu'elles semblent être…



Urbanruben
Artiste dominicain
« The dissected Venus »
Août 2018
Munroe St, Lynn (Etats-Unis)
La Vénus disséquée illustre un crime et une tragédie
La « Vénus disséquée » désigne surtout la figure tragique de Saartjie Baartman, surnommée la "Vénus hottentote", femme sud-africaine exhibée et ensuite disséquée par les savants européens au début du XIXe siècle.
Saartjie Baartman, issue du peuple khoïsan, a été réduite en esclavage, puis exposée en Europe pour son anatomie considérée atypique : des fesses et des hanches proéminentes (stéatopygie) et une macronymphie (hypertrophie des petites lèvres). Après sa mort en 1815, le zoologiste Georges Cuvier la dissèque dans le but d'étudier ses organes et d'alimenter les théories racistes et évolutionnistes de l'époque. Son squelette, ses organes et un moulage en plâtre furent exposés au public pendant plus d’un siècle, principalement au Jardin des plantes puis au musée de l’Homme, à Paris, avant d’être restitués à l’Afrique du Sud en 2002.
Le terme « disséquée » souligne cette violence post-mortem et le traitement de son corps comme objet de science et de spectacle, illustrant le racisme, la colonisation et la déshumanisation dont elle a été victime. Son histoire est devenue un symbole fort de la lutte contre le racisme et le respect des personnes réduites à des spécificités anatomiques.
Le fait que le street artiste soit antillais n’est peut-être pas du au hasard.

Artiste inconnu
Venus di Malmö
Date inconnue
Kalendegatan, Malmö (Suède)
Vénus a récupéré un bras… et quelques doigts

Falco
– Minnie Milo –
Artiste français
« Vénus »
Septembre 2024
Rue Jean-Baptiste Berlier, Paris
(France)

Banga Street Art
Artiste britannique
« Vénus »
Mars 2026
Londres (Royaume-Uni
Pa un, mais deux !

570112
Artiste français
Quand Vénus se découvre des bras
« Star »
Décembre 2026
Bordeaux (France)
« Aphrodite »
Mars 2026
Bordeaux (France)

TocToc
Artiste français
La Duduss de Milo
Septembre 2021
Milos (Grèce)
La Vénus de Milo fait partie de la grande famille des statues antiques « revenues du champ en kit » : quand on la sort de terre en 1820 sur l’île de Milos, elle ressemble déjà à un puzzle géant, le corps en plusieurs morceaux et les bras aux abonnés absents. Comme pour bien d’autres sculptures grecques, les siècles ont fait leur sale boulot : chocs, chutes, recyclages en cailloux de chantier et manipulations pas très délicates expliquent sans doute la casse, sans qu’on puisse raconter une belle scène unique façon péplum.
Les historien·ne·s de l’art ont tout de même quelques indices concrets : l’examen du marbre montre que la statue avait déjà été rafistolée dans l’Antiquité, avec un avant‑bras droit complété et tenu par une tige métallique digne d’un mécano de luxe. Au moment de la découverte, on trouve aussi dans le secteur des bouts de bras et une main agrippée à un fruit rond, peut‑être une pomme, mais impossible de jurer que ce membre égaré appartenait bien au même corps.
C’est dans ce flou archéologico‑policier qu’est née la fameuse légende de la baston entre marins grecs et français au moment de l’embarquement : des décennies plus tard, un officier jure que les bras auraient volé en éclats sur le port. Problème : un dessin réalisé juste après la découverte montre déjà la Vénus manchote, ce qui laisse penser que la rixe relève plus du storytelling patriotique que du rapport d’autopsie.
Au final, le « quand » et le « comment » exacts restent dans le brouillard, mais le consensus est assez net : les Français n’ont pas cassé la Vénus sous leurs yeux, ils l’ont récupérée telle quelle, déjà amochée par les siècles comme beaucoup d’antiques exhumées après un long sommeil. Et ce sont justement ces manques – bras, main, attributs éventuels – qui ont excité les imaginations, multiplié les tentatives de reconstitution et transformé un banal accident de conservation en machine à fantasmes et à légendes.
Résultat : pour la vie quotidienne, c’est très gênant. Comment respecter le protocole « se mouiller les mains, savonner, frotter, rincer » quand on ne dispose que d’épaules de marbre et d’un drapé coincé sur les hanches ? La déesse de l’amour se retrouve championne du « geste barrière théorique » : elle peut donner l’exemple, mais sûrement pas appuyer elle‑même sur le distributeur de savon.
Mais au fait… quelles mains ?
C’est là que TocToc s’amuse : dans sa version murale à côté du distributeur, la Vénus‑Duduss intime de se laver les mains, alors qu’elle-même n’en a ni dans l’original ni dans le dessin minimaliste. L’absurde de la situation saute aux yeux : la seule chose vraiment intacte dans l’histoire, ce sont… les mains des spectateurs, les nôtres, celles qui appuient sur le bouton, pas celles de la déesse ; d’où la question qui flotte comme un éclat de savon : « c’est très embêtant pour SE laver les mains – mais au fait, quelles mains ?

Edward von Löngus
– Fais pas cette tête –
Artiste estonien
« Dieux modernes »
Mai 2016
Athènes (Grèce)
Alexandros d’Antioche appartient à cette génération de sculpteurs hellénistiques pour qui le marbre est un instrument de mise en scène du pouvoir autant qu’un matériau noble. Et c’est à lui que l’on attribue la célèbre Vénus de Milo, icône intemporelle sans bras.
Sur un mur d’Athènes, plus de deux millénaires plus tard, Edward von Lõngus vient hacker ce vocabulaire avec son œuvre « Dieux modernes » réalisée en 2016. La composition affiche la figure antique en pochoir, projetée sur des briques couvertes de tags et de couleurs acidulées, aux côtés d’un mannequin de vitrine sans tête, corps standardisé tout en membres et en lignes lisses. Le fond saturé, presque brouillon, joue comme un bruit visuel urbain, tandis que les deux figures se détachent avec une netteté d’icônes : l’ancienne divinité amputée et le corps prêt‑à‑porter de la consommation se regardent sans yeux, coincés dans la même façade.
Lõngus, street artist estonien qui tient à rester anonyme, s’est fait connaître par un usage précis du pochoir et une obsession pour les collisions entre mythe, politique et culture de masse. Il explique travailler moins avec de la peinture qu’avec des idées : l’image n’est qu’un véhicule pour interroger les systèmes qui structurent nos vies, du capitalisme aux récits nationaux. Ses interventions voyagent de Tartu à diverses capitales européennes, toujours avec ce mélange d’humour noir, de références érudites et de critiques des pouvoirs en place, au point d’avoir été récompensé par le ministère estonien des Affaires étrangères pour son rôle dans la scène culturelle contemporaine.
L’artiste décrit ici Athènes comme l’ancien berceau d’utopies sociales devenu le théâtre de l’effondrement de ces idéaux, les anciens dieux ayant cédé la place à de nouveaux adeptes du culte. Il baptise ces divinités contemporaines « Kättetu Demokratos » et « Kapitalismos » : l’un, sans bras, incapable d’agir ; l’autre, déraisonnable, dont l’énergie incontrôlée menace de tout emporter, mais dont l’équilibre mutuel forme malgré tout les fondements de nos sociétés. La fresque fonctionne ainsi comme un petit théâtre politique : d’un côté la démocratie paralysée, de l’autre le corps‑produit calibré pour la vitrine, tous deux figés sur un mur grec qui porte encore la trace d’une crise économique bien réelle.


Lapiz
Artiste allemand
« Rioting Venus »
8 juin 2024
Kistlerhofstraße, Munich (Allemagne)
À Upfest, Lapiz a fait ce que les conservateurs de musée redoutent : il a donné une opinion à la Vénus de Milo. Plus de deux mille ans qu’on l’expose docile, sans bras, sans voix, réduite à « symbole éternel de la beauté féminine ». Cette fois, elle revient avec ses tétons, un bonnet Pussy Riot vissé sur le crâne et un regard qui dit clairement : « On va parler politique, les enfants. »
Le point de départ est d’une hypocrisie délicieuse : des seins en marbre, pas de problème, c’est de l’Art avec un A majuscule. Des seins peints, photographiés ou vivants, soudain, c’est obscène, choquant, à censurer au plus vite. La morale semble très à l’aise avec les corps morts, beaucoup moins avec les corps vivants. Lapiz prend donc l’icône absolue – la Vénus de Milo – et lui rend ce qu’on lui a retiré : sa peau, sa chair, ses tétons, bref son statut de femme, pas seulement de statue.
Et puis il y a ce bonnet rose, clin d’œil direct aux Pussy Riot, ce collectif punk féministe russe qui a eu l’idée suicidaire mais brillante de transformer une cathédrale de Moscou en scène de protestation contre Poutine et l’alliance Église-État. Résultat : procès, prison, accusations de hooliganisme, et une promotion express au rang de symbole mondial de résistance politique. Ce n’est pas juste du « punk cool » instagrammable, c’est le genre de geste qui fait paniquer les gouvernements bien plus qu’une exposition de nus classiques.

En greffant ce code visuel sur la Vénus, Lapiz fabrique une bombe à retardement culturelle : d’un côté, l’Antiquité domestiquée par l’histoire de l’art, de l’autre, le féminisme bruyant qui refuse de rester sage. La déesse muette se transforme en militante encagoulée. Ce n’est plus un corps à admirer en silence, c’est un corps qui conteste les règles du jeu : qui a le droit d’être montré, qui doit être couvert, qui décide de ce qui est « décent ».
Le plus savoureux, c’est le contraste entre la sophistication absurde du procédé – 9 couches de pochoir pour le corps, 7 pour la toge, une précision maniaque – et la probabilité que le public, lui, ne voie qu’« une femme nue avec un bonnet bizarre ». L’artiste déploie une ingénierie quasi scientifique pour arriver à ce moment magique où quelqu’un s’indigne : « On ne peut pas montrer ça, il y a des enfants. » Pendant ce temps, la Vénus regarde la scène et semble penser : « Des siècles qu’on m’exhibe, et c’est maintenant que vous rougissez ? »
La Vénus de Milo est déjà une star du mystère : personne ne sait exactement ce qu’elle tenait dans ses bras disparus, même si les historiens penchent pour un fruit ou un attribut de déesse. Du coup, la version de Big Ben à Lyon a quelque chose d’assez jubilatoire : à la place de ce vide poétique qui fait rêver les chercheurs, la voilà qui récupère deux bras flambant neufs… juste pour tenir un smartphone comme n’importe quel passant scotché à son écran. L’idéal de beauté grecque, patiemment préservé au Louvre dans son incomplétude sacrée, se retrouve soudain perché sur un fronton de la place de la Baleine, transformé en déesse des notifications, plus inquiète de son réseau que de son aura éternelle.

Big Ben
Artiste français
Date inconnue
Place de la Baleine, Lyon
(France)


Maikel Walkman
Artiste espagnol
« Milo's venus & discobolus dummy »
2018
Penge, Londres (Royaume-Uni)
Alexandros d'Antioche
« Vénus de Milo »
Vers 150-130 av. J.-C.
Myron
« Discobole »
Ve siècle av. J.-C.
Dans une rue tranquille de Penge, au sud de Londres, deux icônes de l’Antiquité semblent avoir pris un petit détour par… une vitrine de magasin. Bienvenue dans l’univers de Maikel Walkman, un artiste espagnol installé à Londres, connu pour ses personnages étranges à mi-chemin entre sculpture classique et mannequin de boutique.
En 2018, dans le cadre du projet urbain SprayExhibition20, Walkman réalise une fresque intitulée “Milo’s Venus & Discobolus Dummy” sur les murs de l’ancien pub Golden Lion. Et là, surprise : il revisite deux chefs-d’œuvre de la sculpture antique — la Vénus de Milo (attribuée à Alexandros d’Antioche, IIe siècle av. J.-C.) et le Discobole de Myron (Ve siècle av. J.-C.). Jusque-là, tout va bien… sauf que ses personnages ressemblent à des mannequins démontables, sans tête ou presque, avec des articulations visibles et un air un peu inquiétant.
Walkman joue ici avec un contraste assez savoureux : il prend des symboles de la beauté idéale antique — censés représenter la perfection du corps humain — et les transforme en objets standardisés, presque industriels. Résultat ? On passe du marbre éternel à une esthétique qui évoque autant les vitrines de Zara que les crash-tests. Pas sûr que les Grecs anciens aient validé.
Son style, qu’il développe depuis plusieurs années, consiste justement à créer des figures humaines “vidées” d’identité. Ni tout à fait vivantes, ni totalement objets, ses silhouettes donnent l’impression d’être figées entre deux états — comme si la statue avait essayé de devenir humaine… mais avait abandonné en cours de route.