Sumer et spray : Gilgamesh prend la bombe
- -700 à -569

– Sumer & spray : quand Gilgamesh prend la bombe –
« Tête de dignitaire », dit « prêtre assyrien »
Artiste inconnu
3e quart du VIIIe siècle av. J.-C.
Bas-relief, albâtre gypseux taillé et gravé
Provenance : Nimrud (Irak)
Musée des Beaux Arts, Lyon (France)

« Héros maîtrisant un lion »
Artiste inconnu
V. 713-706 av. J.-C.
Bas-relief en albâtre gypseux
Provenance : Nimrud (Irak)
Louvre, Paris (France)

« Porte d’Ishtar »
Artistes inconnus
Vers 569 av. J.-C.
Briques cuites et émaillées, décorées
Babylone (Irak)
Reconstitution, musée de Pergame, Berlin (Allemagne)

« Tête de lion »
Artiste inconnu
V. 721–705 av. J.-C.
Bas-relief, albâtre gypseux taillé et gravé
Provenance : Nimrud (Irak)
Louvre, Paris (France)


JoBeR & Poes
Artistes français
« Une joyeuse déforestation »
L'épopée de Gilgamesh, Tablette IV
2015
Toulouse (France)
« La création d’Enkidu »
L'épopée de Gilgamesh, Tablette I
Juin 2023
Fossé Jean, Colombe (France)

JoBeR & Poes
Artistes français
« L'homme qui ne voulait pas mourir »
L'épopée de Gilgamesh, Tablette XI
2021
Amiens (France)
Code de Hammurabi
Roi Sargon II et haut dignitaire
L’art mésopotamien, c’est l’histoire de génies bricoleurs, d’ambitieux bâtisseurs et d’une galerie de personnages hauts en couleur réunis sur les berges du Tigre et de l’Euphrate. Dès la nuit des temps, ces inventeurs débordent d’idées pour faire parler l’argile, la pierre et la brique. Avec fierté, ils dressent les ziggourats : énormes temples à étages si hauts qu’on prétend y croiser les dieux ou, au moins, impressionner le voisinage.
En Mésopotamie, la sculpture occupe le devant de la scène. On y sculpte et grave aussi bien des colosses aux barbes impeccablement frisées que des scènes d’action où les rois, façon influenceurs antiques, se font immortaliser en train de dompter un lion ou de piquer une tête sur une peau de mouton gonflée – le tout en bas-relief, s’il vous plaît. Les animaux fascinent : lions, chevaux et créatures hybrides deviennent des mascottes, tantôt gardiens des palais, tantôt héros de récits gravés pour l’éternité.
Mais ne croyez pas que l’art mésopotamien se limite à sculpter des muscles ! Ces sociétés sont aussi les championnes du storytelling. À travers stèles (Code de Hammurabi), cylindres-sceaux miniatures, céramiques ou joyaux, tout devient prétexte à raconter des histoires de rois, de dieux et d’exploits héroïques. Les artistes transforment la vie en scène épique : on défile sur la porte d’Ishtar en bleu et or, on inscrit la fonction divine ou royale sur tous les supports imaginables, du plus petit à l’immense.
Mieux encore, l’art a toute sa place dans le quotidien. L’argile sert à fabriquer de la vaisselle ou des petites figurines ; les murs des temples s’ornent de mosaïques de cônes colorés et les enfants jouent avec des objets décorés de motifs d’animaux rigolos ou de divinités exubérantes. On n’oublie pas le fameux goût des Mésopotamiens pour les motifs géométriques et végétaux, qui habillent aussi bien la céramique que l’architecture.
Ce grain de folie traverse le temps et inspire aujourd’hui le duo JoBeR & Poes. Ces artistes français font souffler un vent de fraîcheur sur les légendes mésopotamiennes à coups de fresques monumentales. Qu’il s’agisse de « L’homme qui ne voulait pas mourir » ou de « La création d’Enkidu », Gilgamesh y devient superstar pop, Enkidu son acolyte décontracté, et monstres comme dieux prennent des couleurs éclatantes sous la forme de personnages espiègles tout droit sortis d’une BD urbaine.
Par Alladin, ce n’est jamais austère ! Au contraire, JoBeR & Poes réinventent les mythes pour les faire swinguer sur les murs de Toulouse, Amiens ou Colombe. Ils transforment la quête d’immortalité des anciens rois en épopée joyeuse, éclatante et farfelue. Tout l’art mésopotamien retrouve ainsi sa vocation première : offrir du spectacle, raconter des histoires, marier le merveilleux et le quotidien, du musée à la rue, de l’albâtre antique à la bombe aérosol.