Nisaba, le scribe du marécage au futur
- – 2430

« Nisaba »
(Déesse Nisaba)
Artiste inconnu
V. 2430 av. J.-C.
Fragment de vase en chlorite
Provenance : temple(s) Eresh, Umma (Irak)
Musée de Pergame, Berlin (Allemagne)




JoBeR
Artiste français
« N.I.S.A.B.A, scribe des dieux »
2019
Jointville Le Pont (France)
LE SCRIBE, DU MARECAGE AU FUTUR
Nisaba, championne du multitâche divin, a d'abord régné sur les champs (bonjour l’orge !), avant d’être promue spécialiste du stylet de roseau : il paraît qu’ENKI lui a filé le job de scribe des dieux grâce à sa dextérité dans les marécages d’Eresh. Maîtresse de l’écriture, des comptes et de l’ordre dans les greniers à blé, elle a supervisé l’un des plus grands progrès humains – la naissance de l’écriture sumérienne.
Dans les suppliques et hymnes antiques, Nisaba apparaît régulièrement « colorée comme les étoiles du ciel, tenant une tablette de lapis-lazuli sur ses genoux », aussi élégante qu’une influenceuse astrale. Parfois décrite comme architecte ou spécialiste des astres, elle « ouvre la bouche des sept roseaux » pour insuffler l’inspiration et l’ordre divin dans le tohu-bohu sumérien.
Sur les anciens vases en chlorite (Musée de Pergame), elle s’affiche couronne étoilée sur la tête, avec une végétation qui jaillit comme une pub pour céréales : ce diadème, plein de fleurs et d’épis, symbolise la fertilité qu’elle accorde, tout comme sa souveraineté divine. Sur la fresque de JoBeR, cette couronne devient XXL, spot de toutes les moissons urbaines.
Autre star : le fameux calame ! Dans l’Antiquité, Nisaba l’a popularisé, transformant ce simple roseau en outil d’écriture, puis, à Jointville, JoBeR en fait carrément un attribut kitschissime, réinterprété à la sauce tag – de quoi écrire gros, même sur les murs du quartier.
Son carnet ? Une version pop et flashy de la tablette d’argile ou de lapis-lazuli que Nisaba tenait jadis sur ses genoux pour inscrire le destin des hommes (ou tout simplement, les inventaires de grain !). De quoi rappeler à tous que la connaissance, même souriante et colorée, traverse les âges et reprend vie à coups de marqueurs.
Les lunettes ? C’est pour mieux te voir, mon enfant. Sinon c’est juste pour le look.
À travers tous ces détails, JoBeR permet à Nisaba de reprendre son trône – non plus dans un temple sumérien mais au cœur d’une galerie à ciel ouvert. Grain, écriture, calame : la légende perdure, la fresque raconte tout… et, entre deux graffitis, la déesse veille, prête à corriger les copies ou bénir les récoltes urbaines.