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L’Art fait le MurUN MUSÉE HORS LES MURS

Le musée  /  Civilisations précolombiennes

Un pectoral de Tolima et Goin

Artiste inconnu

Ornement pectoral anthropomorphe

de la région de Tolima

vers 500-1500 après J.-C

Pièce d’orfèvrerie

Or et cuivre

25,7 x 23,4 cm

Museo del Oro, Bogota (Colombie)

GOIN

Artiste français

Graffiti précolombien

2017\u2028Bogota (Colombie)

Ce grand pectoral est une véritable star de l’orfèvrerie précolombienne ! Façonné grâce à la technique de la cire perdue, il est né d’un alliage de tumbaga – un mélange d’or et de cuivre (tumbaga, vous vous rappellerez ?) – dont la teinte rougeoyante trahit la domination du cuivre. Les motifs ajourés qui ornent le corps et la coiffe de la figure furent soigneusement découpés dans la cire, avant de donner naissance à ce bijou spectaculaire.

Mais ça représente quoi ? La pièce met en scène une impressionnante créature mi-homme, mi-bête, les bras et les jambes écartés Dans ce style volontairement schématique, tout est pensé : la symétrie parfaite, les lignes droites et l’équilibre impeccable des proportions. À y regarder de près, on devine sûrement un homme-jaguar, un esprit surnaturel. Les découpes rappellent les taches de son pelage, la bouche ouverte laisse apparaître les dents dans un sourire... ou un grognement, et la posture large donne l’impression qu’il est allongé sur le ventre, prêt à bondir.

Mais alors, d’où vient exactement ce chef-d'œuvre ? Voilà l’énigme qui donne du fil à retordre aux archéologues. Car ce pectoral joue les caméléons : il combine l’élégance des formes typiques de l’orfèvrerie Tolima (que chacun connaît), venue de la vallée moyenne du Magdalena, et la maîtrise technique propre aux Quimbaya du Cauca moyen (que chacun connaît aussi, u pas…). Résultat : un cocktail culturel qui reste difficile à classer. Découvert au début du XXᵉ siècle par des chasseurs de trésors, il reposait dans une tombe d’élite, perchée sur les montagnes du Quindío, au cœur de la Cordillère Centrale colombienne.

En ce qui concerne le pectoral réalisé sur ce mur de Bogota, la fillette étant de dos, nous n’avons pas plus d’information… et encore moins sur l’artiste Goin qui tient à rester anonyme.