Un visage dans la foule
- -3000

Chasseurs en marche
Artistes San
3000 avant J.-C.
Peintures rupestres
Pigments naturels à base d'ocre, de sang, de charbon et de matières végétales
Drakensberg (Afrique du Sud)


David de la Mano
Artiste espagnol
Sans titre
Juin 2015
Rue Jenner, Paris (France)
UN VISAGE DANS LA FOULE
Les artistes San peignent sur les parois rocheuses d'Afrique australe depuis plusieurs millénaires. Pas de toile ni de chevalet : la roche sert de support, les couleurs viennent de l'ocre, du charbon et d'autres pigments naturels, appliqués avec de très fins pinceaux fabriqués à partir de poils d'animaux ou d'une plume… authentique ! . Les personnages sont réduits à quelques lignes, mais leurs gestes restent parfaitement lisibles. Un archer tend son arc, un homme court, un animal bondit. Pas besoin d'en faire plus.
Pendant longtemps, ces peintures ont été prises pour de simples scènes de chasse somme c’est souvent la cas sur ce genre de fresque. Les travaux de l'archéologue David Lewis-Williams ont complètement changé cette lecture. Elles seraient souvent liées aux rites chamaniques des San, où les danseurs entraient en transe pour communiquer avec le monde des esprits. Les animaux, les chasseurs et les figures hybrides prendraient alors un sens beaucoup plus spirituel que narratif.
David de la Mano utilise lui aussi un langage réduit à l'essentiel. Depuis les années 1990, cet artiste espagnol construit ses œuvres avec de petites silhouettes noires, devenues sa signature. Ici, elles jouent un double rôle. En s'approchant, on découvre une foule de personnages. En reculant, ces mêmes silhouettes composent un immense profil humain. Le portrait n'existe que parce que chaque personnage y occupe sa place et il faut avouer que ça en jette.