La Fontaine de Jouvence
- Fn du XIV S.

« La Fontaine de Jouvence »
Artiste inconnu
Fin du XIVe siècle
Ecole italienne
Fresque
Château de Manta (Italie)


Broken Fingaz
Artistes israéliens
2014
Hackney Wick, Londres (Royaume-Uni)
Détail
À la fin du XIVᵉ siècle, la jeunesse éternelle avait déjà son spa. Il s'appelait la Fontaine de Jouvence.
Dans cette fresque du château de Manta, vieillards et vieilles dames s'y précipitent, plongent dans l'eau... et en ressortent miraculeusement rajeunis. Très vite, le bain de jouvence tourne à la fête : les corps retrouvent leur vigueur, les couples se forment, les caresses remplacent les cannes et la promesse d'une seconde jeunesse s'accompagne d'un retour des plaisirs terrestres. Le message est limpide : retrouver la jeunesse, c'est aussi retrouver le désir.
Six siècles plus tard, le collectif israélien Broken Fingaz isole l'un de ces petits groupes enlacés et le propulse sur un mur de Londres. Mais l'ambiance a changé. Les couleurs explosent, les silhouettes se démultiplient, et surtout, les squelettes se mêlent aux corps nus comme s'ils participaient eux aussi à la fête. Plus personne ne sait vraiment où finit le plaisir et où commence la mort.
Le clin d'œil au Moyen Âge est évident, mais le sens bascule. Là où la fresque médiévale promettait d'échapper au vieillissement, Broken Fingaz rappelle que la mort reste toujours invitée. Même au cœur de la fête. Même au milieu des corps désirants.
Finalement, six siècles séparent ces deux œuvres... mais elles racontent la même histoire : on rêve toujours de vaincre le temps. La différence, c'est qu'aujourd'hui, la mort danse directement avec nous.