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L’Art fait le MurUN MUSÉE HORS LES MURS

Le musée  /  Rome antique

Scène érotique

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« Scène érotique» »

Artiste inconnu

Ier s. Ap. J.-C.

Fresque

La maison du centurion, Pompéi (Italie)

Sandro Botticelli

Peintre italien

(1445–1510)

« Annonciation », 1481

Tempera sur bois, 250 x 550 cm

Chapelle Santa Maria della Scala, Florence (Italie)

Nora Simon

Série « histoires doubles »

Artiste française

« Face à l'église : Annonciation / démonstration

(Ne passez pas à côté du détail…)

28 avril 2023

Montée des Accoules, Marseille (France)

Pour commencer, direction la vie intime des Romains de Pompéi ! Là-bas, l’art sait se faire (très) direct : la fresque de la maison du Centurion affiche sans détour une « scène érotique », digne d’un Manuel d’éducation disons très spécial. Les Romains n’y voyaient pas le moindre scandale : ces scènes, présentes un peu partout (domus privées, auberges, thermes), faisaient partie du décor et du folklore visuel. Elles exprimaient tout à la fois la joie, la prospérité, la fertilité – et servaient parfois, croit-on, de talisman pour attirer la chance (ou l’amour, c’est selon).

Petite confidence archéologique : il paraît même que les guides de Pompéi avaient longtemps peur d’effrayer les visiteurs trop prudes… avant de retourner la situation et d’en faire la vedette des parcours ! Aujourd’hui, ces fresques sont célébrées comme un témoignage désinhibé de l’humour, de la liberté et de l’art de vivre romain.

Changement d’époque et changement de décor ! Au printemps 1481, Botticelli réalise une immense Annonciation qui sent l’encens et le mystère… Ou alors, qui sent surtout la course contre la montre : il doit finir vite pour que Florence puisse exhiber cette fresque toute neuve sur le mur du nouvel hôpital Santa Maria della Scala. On retrouve ici tout ce qui fait la renommée du maître florentin : tapis de soie, angelot à la chevelure aérienne, vierge toute en pudeur et mains croisées. L’ange Gabriel arrive, le pas léger, comme s’il craignait d’éveiller tout le quartier ; Marie, elle, reçoit la nouvelle avec humilité, déjà à genoux, entre deux décors cossus inspirés du design de la Renaissance italienne (lit à baldaquin, tapisserie, sol géométrique — on sent le budget déco).

Ce tableau n’a rien d’anodin. Derrière la scène, Botticelli cache mille symboles : le jardin clos rappelle la pureté de Marie, la douceur du drapé évoque le voile de l’Arche d’alliance. Un vent de grâce (et un zéphyr ressemblant à celui de Vénus) traverse la scène : ici, plus encore que dans ses mythologies, Botticelli fait la synthèse entre le récit biblique et le chic florentin. Anecdote : la fresque fut commanditée pour apaiser la population après une épidémie… Preuve que l’art peut aussi jouer les calmants urbains en temps de crise.